
Vue sur la Dordogne


La bastide fut fondée en 1281 par Philippe le Hardi sur un plateau à l'ouest duquel existait déjà un château, alors dans les mains de la famille de Gourdon. Domme possède deux places où se pratiquait le commerce : la place de la Halle et la place de la Rode. La cité commerçante organisait des foires et obtint le privilège de battre sa propre monnaie.
On a considéré longtemps qu'en 1307 la cité devint, lors de l'arrestation des Templiers, un lieu où soixante-dix d'entre eux furent emprisonnés. Ils venaient des diocèses de Périgueux, Cahors, Rodez, Bourges, Limoges, Clermont, Angoulême et Poitiers; et qu'ils laissèrent comme témoignage de leur passage la centaine de graffitis que l'on retrouve à la porte des Tours. On a dit à ce sujet et sans preuve que les Templiers usaient d'un code géométrique : l'octogone pour le Graal, le triangle surmonté d'une croix pour le Golgotha, le carré pour le Temple. Les cercles, eux, auraient symbolisé l'enfermement. On a dit aussi que des gravures à la symbolique assez proche furent retrouvées à Loches, Gisors et Chinon, ce qui est purement imaginaire. Leur authenticité pour ces trois sites est contestée par les spécialistes. En outre l'identification des graffiti de Domme et leur prétendue justification historique furent basés sur de faux relevés et des méthodes d'interprétation des images et des documents très fantaisistes sans aucun fondement scientifique6,7.
Ultérieurement, durant la guerre de Cent Ans, la bastide devient un lieu convoité par les Anglais. La première prise de la cité par ces derniers date de 1347. À plusieurs reprises, elle change successivement de mains entre les deux camps rivaux jusqu'en 1437, date de son retour dans le domaine français.
De nouvelles tribulations attendent ce site durant les guerres de Religion. La bastide est prise en 1588 par Geoffroy de Vivans, capitaine protestant de la garnison de Castelnaud qui escalade, de nuit avec ses hommes, la falaise pour ouvrir les portes au corps principal de ses troupes. Toutefois, le succès des troupes catholiques fut tel qu'il dut céder la bastide dans laquelle il s'était retranché en 1592.
Le calme à peine revenu, la bastide dut faire face à une jacquerie des croquants en 1594 puis ultérieurement en 1637.
Domme connaîtra la prospérité au XVIIe siècle puis périclitera, ce qui a facilité sa conservation jusqu'à nos jours.




Situé à la confluence de la vallée de la Dordogne et de la vallée du Céou qu’il surplombe, le château de Castelnaud fait face à la forteresse de Beynac, son éternel rival médiéval, aux jardins de Marqueyssac et au village de La Roque-Gageac.
Un premier château est construit au XIIe siècle avant d’être détruit durant la croisade des Albigeois menée par les armées de Simon de Monfort.
Après le Traité de Paris en 1259, Castelnaud reconnaît la suzeraineté du duc d'Aquitaine, Henri III d'Angleterre. Un nouveau château est alors rebâti au cours du XIIIe siècle. En 1368, Magne de Castelnaud épouse le seigneur Nompard de Caumont. Les Caumont deviennent alors les seigneurs de Castelnaud.
Prenant le parti des Anglais pendant la guerre de Cent Ans, il est définitivement pris en 1442 par les armées du roi de France, Charles VII. À la suite du conflit, la famille de Caumont récupère le château et en reste propriétaire jusqu’à la Révolution.
Sans cesse adaptés au progrès de l’artillerie, les travaux d’aménagement se poursuivent jusqu’au début du XVIIe siècle. Après avoir été abandonné à la Révolution, le château sert de carrière de pierres en 1832. Sa restauration s'étend de 1967 à 2012.
Exceptionnel exemple de fortification privée féodale, son parti architectural est rationnel et efficace : le donjon, à cheval sur l’enceinte au profil en forme d’éperon, protège l’entrée principale ; percée de nombreuses archères, cette courtine fait partie d’un système défensif performant succédant à deux lignes défensives.
Inauguré en 1985, le musée de la guerre au Moyen Âge investit les salles du logis seigneurial. 250 pièces d’armes du XIIIe au XVIIe siècle, en provenance de l’Europe (épées, hallebardes, armures, arbalètes, pièces d'artillerie), reconstitutions d’engins de siège ainsi qu’un ensemble mobilier constituent le fonds de collection du musée. Celui-ci s’articule de façon dynamique, selon une succession d’espaces différents : salle d’artillerie, coursives, salles d’armes, maquettes, salles vidéo, terrasses, magasin d’armes, casemates, atelier du batteur d’armure, cuisine, salle haute du donjon meublé, galerie de hourds…, quinze salles au total.






